Composition chimique et systèmes cristallins
Une gemme minérale a une composition chimique définie, écrite sous forme de formule, et un arrangement interne ordonné d’atomes. Le corindon est un oxyde d’aluminium (Al₂O₃) ; le béryl est un silicate d’aluminium et de béryllium (Be₃Al₂Si₆O₁₈) ; le diamant est du carbone seul. Les variétés d’une même espèce diffèrent surtout par les éléments traces qui se substituent aux atomes principaux du réseau, ce qui explique que le rubis et le saphir partagent une seule formule.
Les cristallographes répartissent les structures cristallines tridimensionnelles en sept systèmes cristallins : triclinique, monoclinique, orthorhombique, quadratique, trigonal, hexagonal et cubique. La gemmologie les décrit par les longueurs relatives d’axes de référence imaginaires et par les angles qui les séparent. Le système régit la forme extérieure du cristal (octaèdres pour le diamant et le spinelle, prismes à six pans pour le béryl) et, plus utile encore pour l’identification, son comportement optique. Les gemmes cubiques sont isotropes : la lumière y circule à la même vitesse dans toutes les directions. Les gemmes des six autres systèmes sont anisotropes et dédoublent la lumière en deux rayons. La composition seule ne fixe pas la structure : le diamant et le graphite sont tous deux du carbone pur, agencé différemment.
Certaines matières gemmes n’ont pas d’ordre atomique à longue distance, et donc pas de système cristallin. Le verre, la plupart des opales gemmes et l’ambre organique sont amorphes et, comme les cristaux cubiques, ils sont optiquement isotropes.